ASEQ-EHAQ

L'Association pour la santé environnementale du Québec / Environmental Health Association of Quebec

Air accessible dans l’environnement bâti

2023-2026

Ce projet a été financé en partie par les Normes d’accessibilité du Canada, gouvernement du Canada, avec l’approbation éthique du Women’s College Hospital, Toronto.

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Résumé du projet

Air accessible dans l’environnement bâti est un projet de recherche national utilisant des méthodes mixtes, mené par l’ASEQ-EHAQ en partenariat avec Normes d’accessibilité Canada. Ce projet examine comment la qualité de l’air intérieur influe sur l’accessibilité, l’inclusion, la santé et la participation dans l’environnement bâti, en particulier pour les personnes atteintes de la sensibilité chimique multiple (SCM) et d’autres handicaps liés à l’exposition à des facteurs environnementaux.
Ce projet est la première étude canadienne visant à évaluer si les politiques « sans fragrances » sont associées à des améliorations mesurables de la qualité de l’air intérieur, tout en documentant les impacts concrets d’une mauvaise qualité de l’air intérieur sur l’accessibilité, grâce à des groupes de discussion nationaux réunissant des Canadiens vivant avec un handicap.

Le projet en bref

34 bâtiments testés
7 provinces représentées
1 156 mesures de la qualité de l’air intérieur
60 participants
190 COV identifiés

Pourquoi cette recherche est importante

Les Canadiens passent environ 90 % de leur temps à l’intérieur. La qualité de l’air intérieur influence la santé, le confort, la productivité et l’accessibilité. Pour de nombreuses personnes atteintes de la SCM, d’asthme, de migraines et d’autres conditions chroniques, l’exposition aux composés organiques volatils (COV), aux produits parfumés, aux produits chimiques de nettoyage, aux pesticides et aux matériaux de construction peut créer des barrières importantes à l’accessibilité aux lieux de travail, aux établissements de santé, aux logements, aux écoles et aux espaces publics.

Malgré la reconnaissance croissante de la qualité de l’air intérieur comme un enjeu de santé publique, d’importantes lacunes subsistent dans les politiques, les normes et les cadres d’accessibilité conçus pour protéger la population contre la pollution de l’air intérieur.

Objectifs de la recherche

Le projet a été conçu pour :

  • Évaluer si les politiques « sans fragrances » réduisent les contaminants atmosphériques dans les environnements de bureau.
  • Identifier les facteurs liés au bâtiment et à l’environnement associés à la qualité de l’air intérieur.
  • Examiner les relations entre la qualité de l’air intérieur, la mise en œuvre des politiques et les expériences des occupants.
  • Documenter les barrières à l’accessibilité à un air intérieur de qualité et leurs impacts sur la santé et la participation.
  • Produire des données probantes pour soutenir l’élaboration de normes d’accessibilité et de politiques publiques au Canada.

Méthodes de recherche

L’étude a utilisé une méthodologie mixte à l’échelle nationale combinant la surveillance environnementale et la recherche sur l’expérience vécue.

Volet quantitatif

  • 34 immeubles de bureaux testés
  • 7 provinces représentées
  • 1 156 mesures de la qualité de l’air intérieur
  • Comparaison entre les lieux de travail avec et sans politiques sans fragrances
  • Mesure des COV, des PM₂,₅, du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, du formaldéhyde, de la température et de l’humidité
  • Enquêtes sur les caractéristiques des bâtiments et la mise en œuvre des politiques

Volet qualitatif

  • 60 participants
  • 10 groupes de discussion
  • Recrutement à l’échelle nationale
  • Examen des obstacles physiques, comportementaux, informationnels et systémiques liés à la qualité de l’air intérieur et à l’accessibilité

Tests d’émissions des produits

Le projet a également évalué des produits de consommation parfumés et identifié 190 COV émis par les produits testés, avec des concentrations dans l’air intérieur atteignant jusqu’à 29 000 ng/mL.

Principales conclusions

L’étude a révélé que les politiques « sans fragrances » sont associées à des améliorations mesurables de la qualité de l’air intérieur et constituent un outil d’accessibilité important.

Les conclusions ont démontré que :

  • La pollution de l’air intérieur peut constituer une barrière à l’accessibilité.
  • Les politiques « sans fragrances » peuvent réduire l’exposition aux contaminants atmosphériques.
  • La mise en œuvre et l’application des politiques sont essentielles à leur efficacité.
  • Le contrôle à la source reste la stratégie la plus efficace pour réduire les expositions en intérieur.
  • La qualité de l’air intérieur devrait être reconnue à la fois comme un enjeu de santé publique et d’accessibilité.

Accessibilité et droits de la personne

Le projet contribue à une prise de conscience croissante du fait que l’accessibilité va au-delà des barrières physiques.

Pour de nombreux Canadiens, l’accès à un air intérieur pur est nécessaire pour participer à la vie professionnelle, aux soins de santé, à l’éducation, au logement et à la vie communautaire. Les conclusions soutiennent l’intégration des considérations relatives à la qualité de l’air intérieur dans les normes d’accessibilité, les initiatives d’inclusion des personnes handicapées et les cadres relatifs aux droits de la personne.

Impact et recommandations

Le projet a donné lieu à sept recommandations majeures concernant les normes d’accessibilité et les politiques publiques, notamment :

  • Des exigences contraignantes en matière d’absence de fragrances dans les normes d’accessibilité.
  • L’adoption de pratiques d’approvisionnement privilégiant les produits sans fragrances et aux plus faibles émissions et les moins toxiques.
  • Des seuils d’exposition aux COV et aux COV totaux au Canada.
  • La divulgation complète des ingrédients sur les produits de consommation.
  • L’éducation et la formation des professionnels de la santé, des gestionnaires d’immeubles et des employeurs.
  • Une meilleure reconnaissance et prise en compte de la sensibilité chimique multiple (SCM).
  • L’élaboration de normes de logement accessible intégrant des considérations relatives à la qualité de l’air intérieur.

Mobilisation des connaissances

Le projet a donné lieu à un programme national de mobilisation des connaissances comprenant :

  • Quatre webinaires nationaux
  • Une conférence nationale : Qualité de l’air intérieur : faire le pont entre science et inclusion
  • Des présentations destinées aux professionnels de l’accessibilité, aux gouvernements, aux universités, aux acteurs du secteur de la santé et lors de conférences nationales
  • Des ressources éducatives et des activités de mobilisation du public à travers le Canada

Nous exprimons notre sincère gratitude à notre précieux bailleur de fonds, à nos collaborateurs et à nos consultants.

Subventionneurs et partenaires:

Nous exprimons notre sincère gratitude à nos précieux subventionneurs, collaborateurs et consultants :

Normes d’accessibilité Canada
ARCH Disability Law Center (Centre juridique pour les personnes handicapées)
Professeur Arthur Chan PhD, Professeur associé, Département de génie chimique et de chimie appliquée, Université de Toronto
British Columbia Aboriginal Network on Disability Society (BCANDS)
Professeur associée Caroline Barakat Faculté des sciences de la santé, Université Ontario Tech
Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN)
Handicap sans pauvreté
Réseau des femmes handicapées (DAWN Canada)
Environmental Health Association of Canada – L’Association pour la santé environnementale du Canada
John Molot MD FCFP(LM), Université d’Ottawa
Professeur Jean-Phillippe Bellenger Laboratoire de Biogéochimie des milieux continentaux, Département de Chimie, Faculté des Sciences, Université de Sherbrooke
Poumon NB
Dr. Riina Bray MSc, MD, FCFP, MHSc Directrice médicale de la clinique de santé environnementale du Women’s College Hospital
Professeur Sami Haddad Ph.D., Département de la santé au travail et de l’environnement, Université de Montréal