Le nombre de personnes atteintes d’hypersensibilité moins grave serait encore plus grand. Dans une enquête nationale menée aux États-Unis, 11 % des 1 057 participants ont dit souffrir d’une sensibilité accrue (ont déclaré se sentir malades) aux produits chimiques d’usage courant, une proportion atteignant 16 % en Californie13, et 33 % dans les régions rurales de la Caroline du Nord15. On n’est pas certain dans quelle mesure les personnes aux prises avec des intolérances bénignes courent un risque accru d’acquérir une véritable hypersensibilité environnementale débilitante. Toutefois, des études récentes ont révélé des liens génétiques avec l’hypersensibilité16-22, ainsi que des différences biochimiques entre les personnes sensibles et les populations « témoins »23. En outre, une expérience clinique indique que la hausse de l’exposition aux produits chimiques est associée à une hausse des symptômes, et a pour effet d’élargir l’hypersensibilité à davantage d’irritants3,24.
L’hypersensibilité environnementale touche davantage les femmes que les hommes. Les femmes étaient près de deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir du « syndrome des bâtiments malsains » dans une étude allemande25, et environ 60 à 80 % des personnes chez qui l’on diagnostique une hypersensibilité environnementale dans diverses enquêtes sont des femmes5,12,26-30.
Selon des enquêtes en population générale 12,29,30, l’hypersensibilité environnementale touche tous les groupes socio-économiques. Une analyse menée récemment au Canada indique que les personnes faisant partie des groupes socio-économiques les moins favorisés sont plus susceptibles de signaler des symptômes médicalement inexpliqués que les personnes des groupes socio-économiques les plus favorisés9. En revanche, les enquêtes menées en clinique ou par des groupes de citoyens indiquent que les personnes souffrant d’hypersensibilité qui sont très instruites ou fortunées ont davantage tendance à demander des soins médicaux ou à se procurer une auto-assistance5,27,28.
 
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